avertissement : la BCE pourrait baisser son taux directeur et s'engager dans de nouvelles actions non conventionnelles dès jeudi (certains parlent de rachat direct de titres de dettes d'entreprises...)
voila gaffe à la fausse sortie baissière avant nouvel envol type BCE power on fera TOUT pour sauver les banques... euh les marchés.

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Les taux d'emprunt des pays fragiles de la zone euro repartent à la hausse
04/11 | 18:34
Les taux d'emprunt des pays fragiles de la zone euro ont légèrement progressé lundi sur le marché obligataire, marquant une pause après avoir connu un large mouvement de détente la semaine passée.
A 18H00 (17H00 GMT), le rendement de l'obligation à 10 ans de l'Espagne s'établissait à 4,012%. Ce taux, qui évolue en sens inverse de la demande, s'établissait à 3,971% vendredi soir sur le marché secondaire où s'échange la dette déjà émise.
Le rendement espagnol avait fini sous les 4% à la veille du week-end, aidé en particulier par le relèvement de la perspective du pays par l'agence de notation Fitch.
De son côté, le taux de l'Italie s'est tendu à 4,115% (contre 4,079%).
"Il y a sûrement un peu de prises de profit après une semaine assez favorable aux pays périphériques", observe Patrick Jacq, stratégiste obligataire chez BNP Paribas.
Il ajoute que "les volumes sont quand même faibles ce qui peut entraîner des mouvements un peu plus marqués sur le marché".
De leur côté, les taux des pays les plus solides sont restés stables ou ont légèrement baissé "alors même que ces obligations sont "assez chères" et donc peu rémunératrices, selon M. Jacq.
Le taux de l'Allemagne a reculé à 1,677% (contre 1,691%), tandis que celui de la France a peu bougé à 2,148% (contre 2,149%).
Les investisseurs ont en outre peu réagi au principal indicateur du jour en zone euro où la croissance du secteur manufacturier s'est poursuivie en octobre, la France faisant figure d'exception avec un repli, selon l'indice PMI, qui confirme une précédente estimation.
Le marché obligataire se préparait surtout à la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) qui a lieu jeudi, dan un contexte de faible inflation.
"Le marché s'est positionné dans la perspective d'une BCE très accommodante", ce qui a expliqué la détente observée sur les taux d'emprunt la semaine dernière, rappelle M. Jacq.
"Le fait que l'inflation soit ressortie plus bas que ce qu'on pouvait attendre et largement en dessous de l'objectif de la BCE pourrait l'inciter ou quasiment l'obliger à faire davantage", explique le stratégiste.
Les analystes ne s'attendent pas à ce que la BCE agisse jeudi mais ils estiment que son président Mario Draghi pourrait donner des indications sur l'évolution de la politique monétaire.
La BCE peut décider soit de baisser son taux directeur, actuellement à 0,5%, ou alors lancer de nouvelles mesures non conventionnelles comme un prêt de long terme aux banques.
Pour les économistes chez Crédit Agricole CIB, les dettes périphériques devraient "donc rester soutenues par la BCE", d'autant qu'il y a peu d'émissions obligataires prévues cette semaine.
Hors zone euro, le taux britannique à 10 ans a baissé à 2,625% contre 2,647% vendredi.
Le taux à 10 ans américain reculait à 2,594% contre 2,622% vendredi, tout comme celui à 30 ans à 3,685% contre 3,696%. De son côté, le taux à 3 mois était stable à 0,04%.
Sur le marché interbancaire, l'Euribor a progressé à 0,227% contre 0,226% vendredi, tout comme le Libor à 0,2381% contre 0,2378%.
http://www.lesechos.fr/entreprises-sect ... 625378.phpCiter:
La BCE sauvera-t-elle la zone euro de la déflation ?
LE MONDE | 05.11.2013 à 12h05 • Mis à jour le 05.11.2013 à 14h37 | Par Marie Charrel (Service économie)
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Le Vieux Continent n'est pas à un paradoxe près. Il y a dix-huit mois encore, le risque d'une explosion de la zone euro hantait tous les esprits. Les eurosceptiques glosaient sur une éventuelle sortie de la Grèce tout en arguant que le retour aux monnaies nationales, franc, Deutsche Mark, drachme, profiterait à tous. Aujourd'hui, plus personne n'ose évoquer un tel scénario. La zone euro a tenu bon, clouant le bec des Cassandres prédisant son autodestruction. Mieux : ses membres ont prouvé qu'ils savaient être solidaires en aidant Athènes et en jetant les bases d'une prochaine union bancaire. Un audacieux vent d'optimisme souffle même sur les salles de marché depuis que la reprise économique pointe son nez.
Et pourtant. Pourtant, la zone euro n'est pas encore tirée d'affaire. Si le spectre de l'éclatement n'est plus de mise, un autre scénario, presque aussi noir, se profile. Celui d'une déflation à la japonaise. Les chiffres publiés jeudi 31 octobre par Eurostat laissent craindre le pire. L'inflation estimée pour le mois d'octobre est tombée à 0,7 % dans la zone euro, contre 1,1 % en septembre et 2,5 % un an plus tôt. Les prix se tassent presque partout, à commencer par les pays les plus fragiles. En septembre, l'inflation est tombée à 0,5 % en Espagne, 0,3 % au Portugal, 0 % en Irlande. Elle a même reculé de 1 % en Grèce.
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En cause ? L'euro fort, entre autres. La hausse de la monnaie unique face au dollar fait mécaniquement baisser le tarif des produits importés, notamment ceux de l'énergie, en recul de 1,7 % en octobre. Mais le principal moteur de la désinflation est, outre les mesures d'austérité, la baisse des salaires observée dans les pays du sud de l'Europe.
A première vue, le tassement des prix a pourtant de quoi réjouir. A court terme, il soutient les dépenses des ménages et donc la croissance. Mais à moyen terme, il peut se muer en terrible poison. Il encourage en effet les consommateurs, faisant le pari qu'ils profiteront de tarifs plus avantageux encore dans le futur, à différer leurs achats. Résultat : les commandes enregistrées par les entreprises s'effondrent, contraignant ces dernières à réduire investissements et effectifs. Ce qui pèse sur la consommation et donc la reprise. La désinflation se mue alors en spirale déflationniste autoentretenue que plus rien, ou presque, ne peut enrayer. L'exemple du Japon, qui se débat dans ce piège infernal depuis vingt ans, en témoigne.
En Europe, un tel scénario serait d'autant plus grave que la déflation alourdit aussi le coût de financement des Etats. Plus le niveau des prix baisse, plus les taux d'intérêt réels payés par les gouvernements pour placer leurs obligations augmentent. Pour stabiliser le niveau d'endettement public dans les conditions actuelles, il faudrait, selon les calculs de Natixis, que l'Italie dégage un excédent budgétaire de 7 points de PIB cette année, le Portugal de 11,7 points de PIB et la Grèce de
26 points de PIB ! Un objectif irréaliste. La dette publique de ces pays, malgré les réformes et les efforts de rigueur qu'ils ont entrepris, risque donc fort d'augmenter encore ces prochaines années.
ARMES À DOUBLE TRANCHANT
A moins que la mécanique implacable de la déflation ne soit désamorcée à temps. C'est encore possible. Une seule institution dispose de la puissance de feu suffisante pour y parvenir : la Banque centrale européenne (BCE). Les observateurs sont de plus en plus nombreux à parier que son président, Mario Draghi, prendra des mesures à l'issue de la prochaine réunion de l'institution, jeudi 7 novembre ou, au moins, sous-entendra qu'il agira d'ici à décembre.
La BCE dispose en effet de plusieurs armes antidéflation, susceptibles de soutenir la reprise. Mais la plupart sont à double tranchant et ne font pas l'unanimité. A commencer par le taux directeur, aujourd'hui à 0,5 %. Nombre d'économistes estiment qu'il faudrait le baisser à 0,25 %. En réduisant un peu le coût du crédit, cela soulagerait les économies espagnole, grecque et portugaise. Mais une telle mesure n'arrangerait pas les affaires de l'Allemagne, qui préférerait à l'inverse voir ce taux remonter, afin de limiter l'emballement des prix de l'immobilier observé dans les grandes villes du pays. M. Draghi devra donc arbitrer entre les besoins de Berlin d'un côté, et ceux de Madrid, Rome ou Athènes de l'autre. Cornélien.
Il pourrait aussi choisir d'accorder un nouveau prêt massif aux banques, comme il l'avait fait en décembre 2011 puis en février 2012 (1 000 milliards d'euros au total). Et cela dans l'espoir que ces dernières prêtent à leur tour aux ménages et entreprises, afin de soutenir la reprise et les prix. Problème : les banques pourraient tout aussi bien utiliser l'argent pour, par exemple, acheter des obligations souveraines. Ou le replacer dans les coffres de la BCE
Voilà pourquoi nombre d'économistes appellent aujourd'hui l'institution de Francfort à une action plus radicale. Comme le rachat massif de dette publique des pays en difficulté. « C'est la meilleure façon de faire remonter l'inflation anticipée et d'épargner une déflation japonaise à la zone euro », assure ainsi Patrick Artus, de Natixis. Une mesure que Mario Draghi, comme Jean-Claude Trichet avant lui, a jusqu'ici toujours refusée d'envisager, de peur que les Etats ainsi aidés en profitent pour relâcher leurs efforts. Aura-t-il le choix ?
http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html http://www.latribune.fr/actualites/econ ... tions.htmlCiter:
La BCE prise au piège de la déflation... et de ses propres contradictions
la BCE La BCE ne parvient pas à transmettre son "message" de sa politique monétaire aux économies de la zone euro. En photo, son siège à Francfort
inShare8
Romaric Godin | 04/11/2013, 17:30 - 1084 mots
La processus de désinflation s'accélère en Europe. Elle s'est d'ailleurs déjà installée en Grèce. La stratégie de la BCE pour éviter cette spirale a échoué. Sa marge de manœuvre, empêtrée dans ses contradictions, est désormais très réduite.
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Alors que les politiques ne parlent que de reprise, certains chiffres ne cessent d'inquiéter. C'est particulièrement le cas du taux d'inflation de la zone euro publié vendredi et qui a atteint le chiffre très faible de 0,7 % sur un an en novembre contre une progression de 1,1 % en octobre. Voici de quoi préoccuper Mario Draghi, le président de la BCE.
De la désinflation à la déflation ?
Jusqu'ici, l'ancien gouverneur de la Banque d'Italie, il en fut ainsi lors de sa conférence de presse d'août, affirmait à qui voulait l'entendre qu'il ne « voyait, dans aucun pays un processus de déflation. » Si l'on excepte la Grèce, où les prix reculent depuis le mois de mars, Mario Draghi avait raison et a sans doute encore raison. Mais le mouvement de désinflation, autrement dit d'apaisement de la baisse des prix, semble néanmoins violent et l'inflation européenne s'éloigne de plus en plus de l'objectif de la BCE d'une hausse des prix « proche, mais inférieure à 2 %. »
La stratégie manquée de la BCE
En réalité, la BCE joue très gros sur cette question. Le sens de sa politique accommodante était en effet de contrecarrer les tendances déflationnistes des politiques d'ajustement menées dans le sud de l'Europe. Ces politiques visaient à rétablir la compétitivité/coût des pays, ce qui induisait mécaniquement un recul du taux d'inflation.
Pour empêcher la spirale déflationniste de s'enclencher, par laquelle cette désinflation entraîne un ralentissement général de l'activité qui conduit les entreprises à baisser les prix et donc à réduire encore l'activité, la BCE a engagé une politique de taux bas durable ( c'est le fameux "forward guidance", cette promesse illimitée de taux bas) afin de soutenir le dynamisme économique.
La difficulté de l'exercice résidait en ce que cette politique de taux bas était assez dangereuse pour les pays où l'activité restait soutenue comme l'Allemagne. D'où le refus d'une baisse plus rapide comme au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis.
Le tuyau monétaire est bouché
Mais la BCE ne parvient pas à transmettre le "message" de sa politique monétaire aux économies de la zone euro . Les banques restent très prudentes dans la distribution de leurs crédits et dans de nombreux crédits, la restreignent. Du coup, les taux bas, même avec la perspective de rester longtemps bas, ne profitent guère aux entreprises qui n'investissent pas. La tendance baissière des prix a donc de moins en moins de compensation. Et c'est elle qui tend à s'imposer.
Et comme les politiques de rigueur ont créé presque partout en Europe de la récession, cette tendance devient générale, car même en Allemagne les consommateurs et les entreprises préfèrent attendre avant de dépenser.
La Grèce déjà en déflation
Du coup, cette statistique de novembre scelle l'échec de la politique de la BCE menée depuis mai dernier. Certes, la zone euro a connu des taux d'inflation plus bas. En 2009, il a même été négatif. Mais cette fois, ce qui inquiète, c'est l'incapacité de la BCE à contrer le mouvement.
Le cas de la Grèce est significatif. Ce pays est désormais en déflation, n'en déplaise à Mario Draghi, et rien ne semble devoir lui permettre d'en sortir. Avec des taux inférieurs à 0,5 %, l'Espagne, Chypre ou le Portugal ont de quoi s'inquiéter. Et si la déflation venait à se confirmer, la faible reprise espagnole et le rebond portugais pourraient n'y pas survivre.
Perte de contrôle
Le danger pour la BCE est donc sérieux. C'est celui d'une perte complète de contrôle de la situation. Comment reprendre le terrain perdu ? La tâche semble délicate. Mario Draghi avait espéré que la reprise viendrait régler le problème en exerçant une pression de la demande sur l'offre. C'est raté puisque la stabilisation de l'activité au deuxième trimestre et sa poursuite au troisième n'a pas conduit à freiner la désinflation.
Une baisse des taux dès jeudi ?
De nombreux observateurs de la BCE estiment donc que l'institution de Francfort pourrait bien doubler la mise en baissant à nouveau son taux directeur de 0,5 % à 0,25 %, et ce, dès sa réunion de jeudi. Mais le seul impact réel d'une telle mesure ne saurait dépasser l'effet psychologique. Sinon, le "forward guidance" suffirait. Car les banques n'ont aucune raison de se trouver d'humeur prêteuse.
Ce qui freine les banques
D'abord, elles doivent former des réserves en vue de l'application complète des règles prudentielles de Bâle III en 2019. Ensuite, la BCE elle-même joue un rôle négatif dans la transmission de sa politique monétaire. Les banques doivent ainsi rembourser avant 2015 les fonds empruntés dans le cadre du premier LTRO (Long Term Refinancing Operation), cette opération de prêt de 1.100 milliards d'euros sur trois ans. Les établissements européens doivent encore rendre 670 milliards d'euros. Il leur faut donc thésauriser plutôt que prêter.
Vient enfin l'union bancaire où, là aussi, la BCE jette de l'huile sur le feu. Les responsables de l'institution de Francfort ont prévenu que le stress test qu'elle organisera ce printemps avant de prendre la supervision du secteur européen sera sévère. Or, il n'existe toujours aucun mécanisme de résolution. Autrement dit, en cas de problème, les banques risquent de se retrouver seules face à la défiance du marché. D'où leur volonté de réduire les risques présents au bilan et, donc, de ne pas prêter.
Vers des méthodes non conventionnelles ?
Inévitablement, la BCE va donc devoir recourir à des méthodes « non conventionnelles », comme un nouveau LTRO ou des rachats directs de créances de PME ou encore un taux de dépôt négatif. Mais les Allemands de la Bundesbank continuent à freiner des quatre fers pour éviter ce pas vers une ouverture des vannes monétaires. Par crainte de l'inflation, la digue contre la déflation risque de céder.
Mais ce n'est qu'une des contradictions internes d'une BCE qui veut à la foi durcir les contrôles sur les banques et les inciter à prêter et qui a défendu les politiques déflationnistes tout en tentant de maintenir un taux d'inflation de 2 %. C'est aujourd'hui ce faisceau de contradictions qui se concentre sur la BCE et éclaire sa propre impuissance.